9 décembre 2010 - Discours de M.Alain Juppé, ministre de la Défense le 5 décembre au Quai Branly

Consultez le discours de M.Alain Juppé, ministre de la Défense le 5 décembre au Quai Branly

En cette journée du 5 décembre, la Nation tient à honorer dignement la mémoire de tous ses enfants, tombés, entre 1952 et 1962, pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie.

Qu’ils reçoivent, ici, par cet hommage unanime et solennel, la reconnaissance et le respect de notre pays. La France ne les oubliera pas et exprime sa gratitude envers ceux qui ont consenti au sacrifice ultime.

De 1952 à 1962, près d’un million et demi d’hommes ont servi sur la terre d’Afrique du Nord, avec courage et détermination.

Cette tragédie a marqué, dans leur chair, dans leur cœur tous les combattants, militaires, appelés, rappelés ou engagés, harkis, membres des formations supplétives ou assimilés, gendarmes et policiers. Ils ont, de l’autre côté de la Méditerranée, laissé une part de leur jeunesse, une part d’eux-mêmes.

Du Djebel au désert, des oueds aux centres urbains, ils ont défendu les couleurs de la France, alors que parfois la République divisée doutait. Le conflit allait aussi opposer bien des Français.

Plus que toute autre, sans doute, cette période et notamment la guerre d’Algérie, occupe une place particulière dans notre histoire et dans notre mémoire collective, une place souvent faite d’incompréhension et de souffrance.

Que tous ceux, rassemblés en ce jour, qui ont vaillamment combattu en Afrique du Nord, soient assurés de la reconnaissance de la République.

Cependant, cette guerre a fait d’autres victimes. Je tiens à rappeler le sort des rapatriés d’Afrique du Nord, qui durent abandonner la terre qui les avait vu naître. Je tiens à rappeler aussi la mémoire de ceux qui, sans être des combattants, perdirent la vie au cours des affrontements. C’est pourquoi, j’associe officiellement à cet hommage les victimes civiles innocentes, dont les noms ont vocation à figurer sur ce monument.

Aujourd’hui, toutes les mémoires doivent pouvoir s’exprimer.

Près de cinquante ans après, il est temps d’œuvrer à une mémoire apaisée. Avec lucidité, sans complaisance, ni faiblesse, il convient de regarder toutes les réalités de ces années. Il semble alors indispensable que la mémoire rejoigne l’Histoire.

Le vrai défi, celui qui, finalement, apaisera, est de "traverser le miroir", de taire les passions et de considérer froidement les faits. La fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie, qui vient d’être créée constitue une opportunité pour favoriser cette recherche historique et l’échange des points de vue.

La route qui conduit à l’apaisement est longue et difficile, chacun en est conscient, mais il importe de la suivre avec ténacité. Sa construction ne dépend que de notre volonté.

Nous le devons à tous ceux que la Nation honore aujourd’hui et à leurs familles.

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