Ce drame ne se limite pas à un pays, une époque, un régime. Il traverse les continents et les générations.
Ce dimanche 30 août s’est déroulée la Journée internationale des victimes de disparition forcée. Dans ce cadre, la MAFA et le GRFDA se sont recueillis devant le monument des 652 militaires disparus au cours de la Guerre d’Algérie, ouvrage érigé à Port-Vendres en 2022.
En 2025, le Comité des disparitions forcées des Nations Unies a traité 251 nouvelles demandes d’urgence — venues du monde entier. Amérique latine, Moyen-Orient, Afrique, Asie. Sur ces 251 cas, 22 personnes ont été retrouvées, dont 12 vivantes. Partout où le pouvoir cherche à faire disparaître sans laisser de traces, des familles se retrouvent face au même vide.
La disparition forcée n’est pas un crime du passé. Elle se commet aujourd’hui.
Pour la MAFA, cette journée résonne avec une douleur particulière. Durant la guerre d’Algérie, 2 372 personnes ont disparu — dont 1 721 civils. Des hommes et des femmes disparues que certaines familles cherchent encore, plus de soixante ans après.
La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, adoptée par les Nations Unies et signée à Paris en février 2007, consacre notamment un droit essentiel et imprescriptible : le droit de savoir. Le droit, pour les familles, de connaître la vérité sur les circonstances d’une disparition et le sort de la personne disparue.
C’est ce droit que nous voulons voir pleinement appliqué aux disparus de la guerre d’Algérie. Car le temps écoulé ne peut justifier ni le silence, ni l’oubli.
Honorer leur mémoire, c’est refuser que leur absence devienne un oubli. C’est dans cet esprit que la MAFA s’implique avec le GRFDA dans des initiatives comme Graines de Mémoire.
Ce site permet de retrouver le dossier des personnes disparues en Algérie, de rechercher leur parcours par nom ou par ville, d’accéder à leurs photos, de connaître les circonstances de leur disparition et de faire vivre leur mémoire au-delà des chiffres. Il offre aux familles et à toutes celles et ceux qui souhaitent comprendre cette histoire un espace pour transmettre, se souvenir et ne pas les laisser dans l’oubli.
Parce que le temps qui passe ne doit pas effacer les absents, nous poursuivons ce travail de mémoire et de transmission.
Les disparus n’ont pas eu le droit à une dernière parole. Nous pouvons, au moins, ne pas les faire disparaître une seconde fois.