21 janvier 2008 - Réhabilitation et sauvegarde des cimetières chrétiens et juifs

"…nous tenons au sol par bien des liens. On n’emporte pas les cendres de ses pères à la semelle de ses souliers "

Gérard de Nerval – Autres chimères

Décret n° 68-728 du 7 août 1968 (échange de lettres des 27 avril et 20 juin 1968 entre la France et l’Algérie) ; Plan d’action et de coopération pour les sépultures civiles françaises en Algérie du 3 mars 2003 ; site internet www.ambafrance-dz.org (consulats de France, 25 chemin Gaddouche Hydra 1600 Alger et rue Gota Sebti 23000 Annaba) ; Ministère des Affaires étrangères, Direction des Français à l’étranger, sous-direction de l’Administration consulaire, 244 Bd Saint-Germain 75303 Paris 07SP. Arrêté M.A.E. J.O. du 14 janvier 2005.

 

Une civilisation se définit autant par le respect de la vie humaine que par celui du repos éternel des morts : les traces terrestres des plus anciennes, même disparues, reflètent cette éthique. Les " rapatriés " d’Algérie ont tout perdu et, pour sauver leur vie et leur liberté, ils ont dû quitter leur province natale, avec la douleur supplémentaire de devoir abandonner à jamais les tombes de leurs aïeux. Privés pour la plupart de la visite rituelle, du recueillement périodique sur le lieu même des sépultures, au moins pouvaient-ils espérer que ces dernières, qui ne constituaient en rien des symboles idéologiques, des enjeux politiques ou économiques, seraient respectées. Hélas, trop nombreux sont les corps qui n’auront pas connu le dernier repos.

Ces lieux sacrés ont été livrés à l’anarchie et à la discrétion des populations locales. Certains ont été épargnés, respectés, souvent à l’initiative individuelle d’un modeste gardien, ou simplement oubliés. Mais combien ont été saccagés, pillés, profanés par dérision, par vengeance, intolérance religieuse ou esprit de lucre. Ils sont trop souvent devenus dépôts d’immondices, lopins de culture, pacage d’animaux, terrains de jeux… Le temps passant, les autorités locales ont commencé à s’y intéresser : ici un glissement de terrain, un mur effondré, un projet d’urbanisme naissant. Plus récemment, quelques unes y verront une potentialité de développement économique ou de tourisme-pèlerinage.

Les gouvernements français, dont le devoir était de veiller au respect de ces lieux sacrés par l’Etat algérien ont voulu ignorer le problème. Ce n’est qu’en 2003 qu’a été lancé le plan d’action et de coopération pour les sépultures françaises. Des mesures de remise en état et réhabilitation ont reçu un commencement d’exécution ou ont été programmées sur un grand nombre de sites. Un fonds de concours a été ouvert, auquel plusieurs collectivités locales françaises ont déjà participé.

La décision a été prise de regrouper les tombes ou les restes mortels d’une soixantaine de cimetières jugés trop dégradés dans des sites préservés. Cette annonce a bouleversé la Communauté des Rapatriés.

 

En réalité, la seule solution digne pour tous les cimetières chrétiens et juifs d’Algérie serait de les conserver intégralement et d’en garantir la pérennité, à charge, pour la République française d’en assumer les frais d’entretien et de gardiennage perpétuels.

Si un tel statut était impossible à obtenir, il conviendrait alors que :

  • le délai réglementaire de quatre mois après l’arrêté soit dans la réalité doublé ou triplé ;
  • les familles qui se seront signalées soient impérativement informées avant tout transfert et en temps utile de la date et des modalités de la cérémonie ;
  • soit facilitée aux familles qui le souhaitent la possibilité d’y assister ou que le transfert des corps en Métropole soit pris en charge par l’Etat ou sur le fonds de concours ;
  • soit érigé, à l’emplacement du cimetière supprimé, un mausolée destiné à en pérenniser la mémoire, en témoignage de la présence française ;
  • soit enfin étudiée la possibilité de confier la gestion de ces lieux sacrés à l’association du " Souvenir français " dont le but concerne l’entretien des sépultures des combattants Morts pour la France mais aussi des personnes qui ont rendu des services éminents à la Nation.

revendications morales

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