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Hommage au Général François Meyer
L’an dernier, à l’occasion du lancement de la 3ᵉ édition du Prix « Général François Meyer », nous rappelions le parcours exceptionnel de cet officier dont l’engagement continue d’inspirer.

Aujourd’hui, alors que la 4ᵉ édition du Prix vient d’être lancée, il est essentiel de revenir sur l’homme dont il porte le nom.
Né en 1933, marqué par l’exode de 1940, François Meyer choisit la voie militaire après Saint-Cyr. Officier de spahis en Algérie (1958-1962), il commande deux harkas.
À la fin du conflit, refusant d’abandonner les hommes qui avaient combattu sous ses ordres, il prend une décision courageuse : les exfiltrer vers la France, en dépit des consignes et des risques encourus.
4ᵉ édition du Prix Général François Meyer : la mémoire en action.
Ce jeudi 5 février 2026, en présence de Françoise DUMAS, Présidente de la Commission nationale indépendante Harkis (CNIH), et d’Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, a été officiellement lancée la 4ᵉ édition du Prix Général François Meyer.

Ce prix distingue des travaux et initiatives engagés pour la transmission de l’histoire et des mémoires liées aux harkis et aux engagements français.
La MAFA était présente, représentée par son président Jean-Félix Vallat, aux côtés des acteurs institutionnels, chercheurs et partenaires mobilisés autour de cet enjeu essentiel.
Ce prix récompense celles et ceux qui travaillent avec exigence, rigueur et engagement pour éclairer notre histoire commune. Il rappelle que la mémoire ne se décrète pas : elle se documente, se transmet et se partage.

L’édition précédente a distingué deux travaux marquants:
Mohamed Bida pour son ouvrage « 13 jours, 13 nuits. Dans l’enfer de Kaboul ». Officier de police, décoré chevalier de l’Ordre national du Mérite et de la Légion d’honneur, il a dirigé en août 2021 l’évacuation de l’ambassade de France à Kaboul, permettant de mettre à l’abri 2 834 personnes dans des circonstances exceptionnelles. Son parcours, marqué par l’engagement républicain et l’héritage familial d’un père harki, incarne la fidélité aux valeurs de la République et le sens du devoir.
Patrice GEORGES-ZIMMERMANN, pour « L’homme qui faisait parler les tombes ». Son travail revient sur le camp de Saint-Maurice-l’Ardoise où, entre 1962 et 1964, des harkis et leurs familles ont vécu dans des conditions indignes. Soixante-dix personnes, majoritairement des enfants, y ont trouvé la mort et furent inhumées dans un cimetière aujourd’hui disparu.

La présence de la MAFA lors de cette cérémonie témoigne de sa volonté constante d’être au cœur des initiatives qui font avancer la reconnaissance et la transmission historique.
Nous saluons le lancement de cette nouvelle édition et encourageons toutes les candidatures engagées dans ce travail indispensable.
Alger la Blanche : quand l’architecture devient mémoire
Il suffit d’un regard porté depuis la baie pour comprendre pourquoi on l’appelle Alger la Blanche.
Le blanc de ses façades, la clarté de ses balcons, la géométrie de ses immeubles tournés vers la Méditerranée composent une silhouette unique, irréelle, où la ville semble se confondre avec la lumière.
À partir du XIXᵉ siècle, l’urbanisme développé par les Français transforme profondément Alger : création du front de mer, percement de grandes avenues, édification d’immeubles haussmanniens, bâtiments administratifs, places et perspectives.
Des édifices emblématiques en témoignent encore aujourd’hui, comme la Grande Poste d’Alger, chef-d’œuvre néo-mauresque, le Théâtre national (ancien Opéra d’Alger), ou encore les élégants immeubles du boulevard Che-Guevara (anciennement "boulevard de la République") longeant la mer .

Mais au-delà de la beauté, l’architecture est toujours un langage.
Elle raconte les choix d’une époque, ses ambitions politiques, son rapport à la mer, au territoire, à la société. À Alger, chaque façade, chaque balcon, chaque escalier monumental est une phrase de cette histoire de pierre.
Aujourd’hui encore, ces lignes urbaines structurent la mémoire collective.
On ne traverse pas Alger comme on traverse une ville ordinaire : on y lit les strates du temps, on y devine les continuités et les ruptures, on y perçoit la façon dont la capitale a été façonnée par son chapitre français.

Les villes ne sont jamais muettes.
Elles sont des archives ouvertes, offertes à ceux qui savent regarder. Et parfois, c’est dans la blancheur d’un mur, dans l’ombre d’un balcon, dans la courbe d’une avenue que se cache une part essentielle de notre mémoire.

Yves Saint Laurent : un enfant de l’Algérie française façonné par la lumière d’Oran

Avant Paris, avant les podiums, avant les icônes de la mode mondiale, il y eut Oran. Yves Saint Laurent y est né en 1936, en Algérie française, et y a passé toute son enfance. Une enfance parfois difficile, marquée par une difficulté à vivre sereinement son homosexualité.
C’est dans cette ville méditerranéenne, alors au cœur d’une société plurielle et cosmopolite, qu’il forge sa sensibilité artistique. Très tôt, il dessine, observe, s’immerge dans le théâtre, la littérature, les échanges intellectuels qui l’entourent.
Oran offrait un spectacle permanent de couleurs et de lumière.
Ceux qui la connaissent le savent : la ville est marquée par un contraste saisissant entre
le bleu profond du ciel et de la mer et le blanc éclatant des façades, des rues, des terrasses baignées de soleil.

Ce paysage visuel, quotidien, structurant, a profondément nourri le regard du jeune Yves.
Plusieurs historiens et observateurs de son œuvre ont souligné combien ce rapport précoce à la lumière, aux contrastes et aux harmonies chromatiques s’est inscrit durablement dans son langage esthétique.
Derrière l’élégance parisienne de Saint Laurent, on retrouve ainsi une mémoire visuelle méditerranéenne :
une manière de penser la couleur, l’espace et la forme héritée de l’enfance oranaise.

Aujourd’hui, la maison qui l’a vu grandir à Oran est devenue un musée portant son nom, ouvert aux visiteurs — comme un écho vivant de cette jeunesse fondatrice.

Nos créations sont souvent les enfants silencieux des paysages qui nous ont vus grandir.
Et parfois, ce sont les couleurs qui portent la mémoire.
Et vous, quels paysages ont marqué votre regard d’enfant ?
5 décembre – Hommage national… et silence sur les disparus
Comme chaque année, la Nation a rendu hommage, ce 5 décembre, aux morts pour la France durant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie.
La MAFA, association défendant depuis 1962 les intérêts matériels et moraux des Français d’Algérie, notamment ceux des familles de disparus durant la guerre d’Algérie, a assisté à cette cérémonie avec le respect et la gravité que ce moment impose.
Mais nous ne pouvons taire une déception profonde.
Dans le texte du discours envoyé et prononcé par tous les préfets de France, il n’y avait aucune mention des disparus. A notre réaction fut répondu par le cabinet « une erreur très regrettable ». Mais le mal était fait, des milliers de familles qui vivent encore sans vérité, sans sépulture, sans réponse, n’ont, une fois encore, entendu aucun mot de compassion. Et si la ministre Alice Rufo a elle-même évoqué les disparus devant les Mémorial de la Guerre d’Algérie en corrigeant son texte initial prononcé, le mal était fait !

L’absence de ces mots dans le texte dit par les préfets n’est pas neutre, elle prolonge un effacement déjà trop ancien.
Les disparus ne sont ni une note de bas de page, ni une affaire close.
Ils sont une plaie toujours ouverte, transmise de génération en génération.
Dans ce contexte, la MAFA exprime l’espoir que la nouvelle ministre prendra rapidement toute la mesure des dossiers relatifs aux disparus et qu’elle pourra accorder, dans les meilleurs délais, une audience aux familles et aux représentants associatifs, afin qu’un dialogue sérieux, respectueux et constructif puisse enfin s’engager.
Car une mémoire ne peut être complète si elle exclut les absents, on ne peut honorer les morts en oubliant ceux dont on ne sait même pas où ils reposent.
On ne peut parler de transmission sans vérité.
On ne peut appeler à l’apaisement sans justice mémorielle.
La MAFA continuera de porter, en collaboration avec le GRFDA et sa présidente Colette GRATTIER DUCOS ADER, avec constance et détermination, la voix des familles de disparus.
Non par esprit de revanche, mais au nom d’un principe fondamental : aucune Nation ne se grandit en laissant ses absents disparaître une seconde fois.
Aux disparus, aux familles qui attendent encore, la MAFA renouvelle son engagement : nous continuerons notre action de rétablissement de la vérité historique sur les Français d’Algérie.
Nous n’oublierons jamais !

La nécessité d’une reconnaissance mutuelle des souffrances communes.
Le 17 octobre 2025, l’Ambassadeur de France Stéphane Romatet a participé à la cérémonie organisée par la ville de Paris et commémorant les victimes algériennes de la répression par la police française de la manifestation pro-FLN du 17 octobre 1961 à Paris.
Ce geste, fait dans un souci de reconnaissance de cet événement tragique, doit néanmoins être considéré dans un cadre plus large : reconnaitre les souffrances engendrées par la guerre d’Algérie. Il est insupportable que ces reconnaissances soient toujours faites dans un seul sens.
L’année dernière, le dépôt d’une gerbe sur la tombe de Lardi Ben Mehdi par l’ambassadeur Romatet en Algérie fut particulièrement choquant pour les Français d’Algérie. Rappelons que Larbi Ben Mehdi était le terroriste algérien chef de la bataille d’Alger ayant utilisé les pires méthodes contre les populations civiles de la ville. Arrêté par l’armée française, Il fut exécuté dans sa cellule.
Sur ces différents points, la MAFA souhaite rappeler son attachement au droit de savoir et à la reconnaissance des souffrances de toutes les victimes des événements de la Guerre d’Algérie, objectif qui ne peut être atteint qu’à travers un dialogue équilibré nécessaire et une reconnaissance réciproque. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise victime, il n’y a que des victimes ! Nous ne pouvons que constater, amers et indignés, que cette reconnaissance ne se fait qu’à sens unique. Aucune reconnaissance du pouvoir algérien concernant les massacres des Français d’Algérie et des harkis, aucune déclaration concernant les violences du FLN sur les populations arabes civiles de l’époque. Rien.
L’Etat algérien persiste dans une posture de déni historique et d’hostilité diplomatique, maintenant un discours revanchard à l’égard de la France, en dépit de faits historiques incontestables et des liens d’amitié et de fraternité entre Français et Algériens.
La MAFA déplore le comportement des autorités françaises, cherchant absolument à renouer des liens avec un gouvernement algérien qui ne cherche en rien l’amélioration des relations franco-algériennes. En agissant ainsi, les pouvoirs publics français ne font qu’alimenter les revendications d’un Etat militaire corrompu et dictatorial qui n’a aucune autre alternative que d’accuser la présence française en Algérie pour se justifier de son impéritie et de son incapacité à gérer son pays.
Notre association appelle à une reconnaissance mutuelle des tragédies. Une reconnaissance politique basée sur des faits historiques, sans autre objectif que l’apaisement des relations entre nos deux rives. Mais pour ce faire, les efforts doivent être mutuels et ce n’est aujourd’hui pas le cas. Notre gouvernement doit en tirer les conclusions qui s’imposent.

Retour en image du colloque
La MAFA a eu l’honneur de participer au colloque “Les mémoires et les résiliences des rapatriées”, organisé par la Ville de Nice au Centre Universitaire Méditerranéen.
Cet événement, placé sous le signe de la mémoire et de la résilience, a permis de rappeler l’importance de préserver l’héritage des rapatriés d’Afrique du Nord, de leurs familles et de ceux qui ont contribué à bâtir des ponts entre les deux rives de la Méditerranée.
Nous avons eu le plaisir d’échanger avec de nombreuses associations engagées, parmi lesquelles l’ANERANA, représentée par Pierre Marseille, le CDHA et le GRFDA, ainsi qu’avec un public attentif et passionné.
Un grand merci à Agnès Rampal et à ses équipes pour leur accueil, ainsi qu’à Marc BENVENISTE, Julien Benitah, Kosanic Catherine et au personnel du C.U.M. pour la qualité de l’organisation.
Transmettre cette mémoire n’est pas seulement un devoir de souvenir : c’est un acte de continuité et de vérité, essentiel pour comprendre notre histoire commune, donner du sens au présent et éclairer les générations à venir.
Colloque | Les mémoires et les résiliences des rapatriés
Comment transmettre, protéger et faire vivre les mémoires des rapatriés d’Algérie — et notamment celles des personnes qui ont disparu pendant la guerre d’Algérie ?
Série de podcast - France Inter
Ils ont aimé, souffert, quitté, puis se sont longtemps tus : les Pieds-Noirs racontent enfin leur histoire.
Cette semaine, la MAFA vous présente l’excellente série documentaire de France Culture :
« Les Pieds-Noirs d’Algérie : la colonisation pour mémoire », réalisée par Marceau Vassy et Cécile Laffon.
Une traversée sensible de plus d’un siècle d’histoire, où la grande Histoire rejoint l’intime, celui des familles de rapatriés.
Attentat du Milk Bar – 30 septembre 1956
Cette semaine, nous avons commémoré une date marquée par la violence et la douleur : le 30 septembre 1956. Ce jour-là, le Front de Libération Nationale frappait Alger en semant la mort et la terreur. Trois civils furent tués, une soixantaine blessés. Parmi eux, des enfants et des familles attablés dans un lieu emblématique du quotidien algérois : le Milk-Bar. Nicole Guiraud, âgée de 8 ans, eut le bras arraché ; Danièle Michel-Chich, 5 ans, perdit une jambe. L’attentat fut commis par Zohra Drif, épaulée de complices qui posèrent également des bombes à la Cafétéria et au Maurétania – heureusement, la dernière n’explosa pas.
Portrait – Pierre Velsch, un Français d’Algérie au service de la Libération
Né en 1926 à Kouba, en Algérie, Pierre Velsch fait partie de ces Français d’Algérie qui, au cœur de la Seconde Guerre mondiale, ont choisi de se lever pour défendre la liberté de la France.
Hommage aux militaires français portés disparus en Algérie
Ce samedi 30 août, l’association SOLDIS, présidée par le Général (2S) Henry-Jean Fournier, a organisé à Port-Vendres (66) une cérémonie à la mémoire des militaires français portés disparus.
Un lieu hautement symbolique, face au monument érigé en 2022 par SOLDIS pour rappeler leur sacrifice.
La MAFA, représentée par sa vice-présidente Colette Ducos Ader, a eu l’honneur de déposer une gerbe de fleurs en leur mémoire.
Il y a 70 ans : le 20 août 1955 dans le Nord-Constantinois
Le 20 août 1955 est un moment dramatique de la guerre d’Algérie, peu évoqué par les historiens et par la presse, à l’inverse du 8 mai 1945 de Sétif auquel il peut être comparé.
Vers une reconnaissance pleine des victimes civiles françaises de la guerre d’Algérie ?
Le mois dernier, le Pdt de la MAFA, Jean-Félix Vallat, a porté 5 revendications majeures auprès de responsables politiques et mémoriels : Olivier Maigne et Dominique Domine-Cohn (directeur et directeur adjoint du cabinet de la ministre Patricia Mirallès), et Tramor Quemeneur ( secrétaire général français de la commission mixte franco-algérienne d’historiens).
Le 5 juillet 1962, une journée de massacre
La semaine dernière, nous évoquions la commémoration du 5 juillet 1962.
Mais combien savent vraiment ce qui s’est passé ce jour-là à Oran, le lendemain de la proclamation de l’indépendance de l’Algérie ?
Retour historique sur un événement tragique, longtemps tu, encore trop peu reconnu.
5 juillet 2025 – Commémorations du massacre d’Oran.
Ce 5 juillet, invitée par le GRFDA et la MAFA, une centaine de personnes s'est rassemblée au Mémorial National de la Guerre d’Algérie à Paris pour commémorer un des épisodes les plus tragiques de l'Histoire nationale : le massacre de 700 civils français à Oran le 5 juillet 1962.
Massacrés, enlevés sous les yeux de l’Armée française restée l’arme au pied, ces femmes et ces hommes n’étaient ni militaires, ni combattants. Ils étaient professeurs, commerçants, enfants, retraités. Leur seul tort : être de souche européenne dans une ville où le nouvel ordre indépendantiste voyait en eux des cibles à abattre.
Reportage de Boulevard Voltaire à l'occasion du 5 juillet
[REPORTAGE] À la rencontre des pieds-noirs descendants de disparus d’Algérie.
A l'occasion des commémorations du 5 juillet 1962, le journaliste de Boulevard Voltaire Jean BEXON est venu réalisé un reportage sur le plus grand massacre dont furent victimes les Français d'Algérie.
Interviewé, le président de la MAFA, Jean-Felix VALLAT, y livre son témoignage.
1962 – L’exode oublié d’un million de Français
En quelques mois, fuyant les violences, près d’un million de personnes ont quitté l’Algérie, contraintes à l’exil. Ce furent des Français d’Algérie, juifs, harkis, européens venus de toute la Méditerranée.
Ce fut un peuple arraché à sa terre natale.
Hommage à François CARREGA
François nous a quitté.
Invitation aux commémorations des massacres d'Oran
5 juillet 1962 – 5 juillet 2025 : 63 ans après le massacre d’Oran


