15 octobre 2012 - Non au 19 mars !

Consultez le communiqué de la MAFA et de l'ARMR

Le groupe socialiste au Sénat a réussi à faire inscrire devant la Haute assemblée l’examen et le vote d’une proposition de loi visant à reconnaître le 19 mars 1962 comme date officielle de la fin de la guerre d’Algérie, proposition de loi déjà adoptée par l’Assemblée Nationale le 22 janvier 2002 mais dont l’inscription à l’ordre du jour du Sénat pour adoption définitive avait été abandonné sous la pression des associations d’anciens combattants, de rapatriés et de harkis avec l’accord et l’appui du secrétaire d’Etat aux anciens combattants du gouvernement de l’époque.

Dès lors, même si 10 ans sépare l’examen de ce texte par les deux assemblées, ce qui est politiquement inadmissible, la reconnaissance du 19 mars sera actée définitivement si le Sénat approuve le projet dans les mêmes termes que celui déjà voté par l’Assemblée Nationale.

Cette proposition de loi doit être examinée le 25 de ce mois, un mois avant la visite annoncée du Président de la République en Algérie et le subterfuge des sénateurs de la majorité socialiste aura comme conséquence que l’officialisation du 19 mars qui outrage les rapatriés échappera à tout débat dans l’opinion publique.

Rappelons que depuis 1981 les Présidents de la République et leurs Premiers ministres (François MITTERRAND et Pierre MAUROY, Jacques CHIRAC et Lionel JOSPIN, Nicolas SARKOZY et François FILLON) se sont toujours opposés à cette reconnaissance afin de ne pas diviser les français en heurtant leur mémoire.

Déjà en 1981, le président de la République de l’époque déclarait que « si une date doit être officialisée pour célébrer le souvenir des victimes de la guerre d’Algérie (…), cela ne peut être le 19 mars car il y aura confusion dans la mémoire de notre peuple (…) ce n’est pas l’acte diplomatique rendu nécessaire à l’époque qui peut s’identifier à ce qui pourrait apparaître comme un grand moment de notre histoire, d’autant plus que la guerre a continué, que d’autres victimes ont été comptées et’ qu’au surplus, il convient de ne froisser la conscience de personne ».

Sous le mandat de Jacques CHIRAC, une commission composée d’historiens et de toutes les associations d’anciens combattants, présidée par M. FAVIER, membre de l’Institut, s’est prononcée en 2003 à la majorité moins la voix de la FNACA pour choisir une date neutre, le 5 décembre de chaque année.

La mémoire de toutes les victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie est ainsi honorée nationalement depuis 2004.

Modifier cette date ne pourra que raviver les plaies profondes de la mémoire collective rapatriée et annihiler tous les efforts des hommes de bonne volonté recherchant la paix des mémoires.

Jean Félix VALLAT
Président de la MAFA

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